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La première tétée

En quelques heures, ma vie a basculé. Un p’tit brin de vie est né. Notre famille est commencée.

Une vraie montagne russe d’émotions entre contractions, maison des naissances, transfert et césarienne. Peu importe les dernières 24 heures, notre fils est enfin là, délivrance ! Pendant qu’on me roule sur la civière, je tiens bien au chaud Coco tout contre moi et Chéri a posé sa main sur mon épaule. Il y a quelques minutes, on m’a transférée en salle de réveil. Je suis certaine que nous sourions tous les trois devant le bonheur de se rencontrer !!!

Après avoir passé son questionnaire protocolaire obligatoire, l’infirmière nous oublie enfin quelques minutes. Josyane, ma merveilleuse sage-femme, m’accompagne dans ce qui sera à tout jamais : la première tétée. La lumière est tamisée malgré les néons qui se cachent derrière le rideau, mes yeux n’arrivent pas à quitter mon poupon. Il est SI parfait !!! Je suis à la fois épuisée d’avoir tant travaillé à le mettre au monde, calme devant mon nouvel état de maternité, fière de Chéri qui a été plus-que-parfait et excitée de constater que mon bébé est enfin dans mes bras.

Tout doucement , Coco se réveille et sa minuscule bouche en forme de coeur cherche à téter . C’est impressionnant de voir à quel point il utilise tous ses sens pour trouver réponse à son besoin. Il gazouille presque en tournant la tête vers ma poitrine en voulant dire : « Maman, aide-moi à trouver le chemin… » J’ai aussi l’impression qu’il renifle la goutte de lait en remontant la tête et qu’il a besoin de se réconforter dans la chaleur de mon sein tellement il enfouit son nez partout sur le court chemin entre mon coude et mon mamelon. Alors que je le tenais tout au creux de mon bras il y a un instant, je le remonte et dirige naturellement vers mon sein gauche. Ça y est, il ouvre la bouche et commence à boire. Le plus simplement du monde, je venais de vivre la première tétée .

Je n’ai aucune idée combien de temps nous sommes restés là à boire, à nourrir, à faire connaissance tout en s’appréciant l’un l’autre. Ce doux moment m’a paru une éternité tant je savourais chaque minute. Aujourd’hui, la nostalgie me rattrape et je constate à quel point la première tétée a été beaucoup trop rapide en réalité. Après plusieurs gorgées, mon enfant s’était déjà rendormi. Ça y est, il avait terminé son premier repas. Satisfaits, il n’y avait qu’une seule chose à dire : « Bienvenue parmi nous, jeune épicurien en devenir ! »